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Des alternatives à la GEOINGENIERIE existent !!!

Un article a été récemment publié par une équipe Franco-chinoise dans « Renewable & Sustainable Energy Reviews » (Journal Elsevier, impact factor = 6) et il est actuellement dans le TOP 5 des articles les plus téléchargés de cette revue scientifique.
L’article est accessible gratuitement (en open source) par le lien: http://dx.doi.org/10.1016/j.rser.2013.12.032



Voici un bref résumé de cette publication :
Le 5ème rapport du GIEC du WGI (décembre 2013) , mentionne la géo-ingénierie climatique à page 29.

Or :
* la géo-ingénierie est très controversée
* les propositions de gestion du rayonnement solaire (SRM solar radiation management) sont souvent associées à l’idée de "jouer aux apprentis sorciers"
* le SRM propose un "effet parasol" pour diminuer l'arrivée sur la surface de la terre d'une partie du rayonnement solaire (SW short wave radiation)
* le réchauffement climatique du aux gaz a effet de serre (GHGs) est imputable à du rayonnement Infra-Rouge (LW long wave radiation)...
* on peut difficilement compenser un excès d'IR (de longue longueur d'onde LW) à la surface du globe, en diminuant le rayonnement solaire (de courte longueur d'onde SW) pénétrant dans la stratosphère ou la troposphère...
* le SRM permettrait de "gagner du temps", mais n'aiderait pas de stopper les émissions de CO2 et ne résout pas le problème d'acidification des océans.
* Une fois débuté, faut maintenir le SRM durant 100 ou 200 ans, et cela aura un coût annuel non-négligeable...

Le 5ème rapport du GIEC WGIII (avril 2014 : "Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change) est surtout axé sur les moyens d’atténuation.

Les co-auteurs de l'article ( http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032113008460 ) proposent 5 nouvelles stratégies d’atténuation du réchauffement climatique.

Les principales idées qu’ils développent dans cet article sont :
* les GHGs agissent comme un isolant (au niveau planétaire), mais qui serait trop efficace. Généralement en cas d'isolation thermique inefficace, dans un bâtiment par exemple, il faut chercher à diminuer les ponts thermiques (qui agissent par conduction). A l’échelle de la Planète, pourquoi ne pas créer des ponts thermiques (qui agissent par radiation) pour rendre moins efficace l'isolation provoquée par les GHGs ?
Il s'agirait donc de créer des « raccourcis thermiques » entre la surface de la terre et la haute atmosphère, afin d'accroître la quantité de chaleur (les IR) qui part dans l'espace. Ils ont dénommé cela « Earth radiation management « (ERM). Le meilleur moyen pour y parvenir est par l’augmentation de la convection atmosphérique (« atmospheric convection enhancement »);
Cibles respectives de la gestion du rayonnement solaire, de la gestion du rayonnement terrestre (IR) et pour l'augmentation de la convection atmosphérique.
Cibles respectives de la gestion du rayonnement solaire, de la gestion du rayonnement terrestre (IR) et pour l'augmentation de la convection atmosphérique.
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* dans cet objectif ils proposent de développer des énergies renouvelables (EnR) "insolites" dont les bases scientifiques sont solides et prouvées (voir livre : "21 EnR insolites pour le 21ème siècle" ), co-écrit par Denis Bonnelle et Renaud de Richter, aux éditions Ellipses).

* Et ces EnR insolites peuvent à la fois :
1/ refroidir la planète en créant des "raccourcis thermiques"
2/ fournir une électricité "dé-carbonée", et donc permettre de réduire progressivement le nombre de centrales à énergies fossiles
3/ diminuer les émissions de CO2 et progressivement réduire, puis stopper, le réchauffement climatique, l'acidification des océans et l'augmentation du niveau des océans...
4/ contrairement au SRM qui coûte de l'argent et laisserait en héritage à nos petits-enfants le problème des GHGs, la ERM rapporterait de l'argent, de la croissance, des emplois et permettrait à nos enfants de disposer de toute l'énergie dont les 9 milliards d'humains auront besoin.

Cette famille d'EnR insolites est-elle utopique ?
Non, en Arizona et au Texas (USA) deux d'entre elles en sont au stade de développement industriel (les prototypes ont déjà été testés il y a 2 décennies).
Au Canada une troisième a trouvé les financements nécessaires à sa R&D.
La quatrième est une technologie extrêmement répandue et très utilisée dans beaucoup d'industries. Bien que peu d'études aient encore porté sur des installations de très grande taille, par exemple environ 0,5 million de « caloducs » sont utilisés en Alaska, en Sibérie ou en Mongolie pour empêcher le permafrost de fondre !
La cinquième pourrait rapidement se développer , les matériaux et la connaissance sont disponibles ( un article récent publié dans PNAS par une équipe de Harvard en a confirmé l’intérêt )...

L’Agence Nationale de la Recherche Française (ANR) a mis en place un ARP ou Atelier de Réflexion Prospectif sur ces problématiques et a publié son 1er rapport (court) sur ce sujet fin avril 2014.
Les "courts circuits énergétiques" de cet article sont décrits en page 7

Espérons que ces intéressantes recherches pourront se poursuivre, car elles démontrent que des alternatives à la géo-ingénierie climatique existent !
Réacteurs Météorologiques
Margotweb